Je ne parle pas souvent ici de mes convictions. Je ne pense pas dire ici un jour pour qui je voterai ou ne voterai pas aux présidentielles, par exemple, non seulement parce qu'aujourd'hui je ne le sais pas encore, mais aussi parce que le débat me semble trop complexe pour être soulevé dans cette bulle que je considère comme trop consacrée à ma vie intime pour être mêlée à ma vie politique.
Je ne suis pas une fille de convictions. J'en ai, bien sûr, des profondes, ancrées en moi aussi bien en raison de mon éducations que de mes (petites) expériences.
Mais il y a surtout de petites rencontres qui m'ont permis d'ouvrir les yeux sur le monde autour de moi. Ces rencontres, ces lectures, ne me pousseront pas pour autant au débat, à la polémique ou à la revendication, mais elles me construisent, et, je l'espèrent, créent les bases de ce que j'inculquerai un jour à mes enfants. Ces découvertes ont pu au début avoir été en contradiction avec ce que l'on m'a appris. Surtout en raison de ma religion, qui sans avoir été ni omniprésente ni étouffante, loin de là, a évidemment ressurgi dans ce que ma Maman, principalement, m'a inculqué. Qui lui avait été inculqué à elle même, etc...
Ce dont je suis fière, c'est que ces rencontres m'ont aussi permis d'ouvrir mes débats intérieurs et, exemples concrets à l'appui, m'ont permis d'avoir avec ma mère de vraies conversations d'adultes, sur ces sujets pour lesquels on ne sait parfois quoi penser. Et peut être même, ont aussi fait évoluer les avis de ladite Maman.
Je pense en particulier à Indilou, et à son article d'aujourd'hui.
Je n'avais, auparavant, que des avis partagés à propos de l'homosexualité et de l'homoparentalité. Et, j'avoue que cela me rendait la vie plus facile de ne pas trop y penser. Puis, en la lisant, j'ai peu à peu réalisé, concrètement, que cet amour, qui la lie à sa douce, ne saurait être contesté. Que même, n'ayant pas ses goûts, je ne pouvais pas me permettres de lui interdire d'être heureuse.
Et son combat pour être mère a été la révélation. Je ne tolèrerai jamais que quiconque s'oppose à ma volonté d'être mère. Je suis jeune, je sais, et j'ai bien le temps, mais cette envie est ancrée au fond de moi, vivace depuis bien longtemps. Aurais - je le droit de lui dire qu'elle, devrait s'interdire ce bonheur?
Certes, il me reste du chemin à parcourir. Mes regards lorsque je croise un couple homosexuel sont encore trop curieux, je ne peux pas m'empêcher de me poser des questions, ou simplement de les regarder avec étonnement, ou ravissement, ou surprise. Parfois avec gêne. J'espère que mes regards ne seront jamais interprétés comme critiques, ou mérprisants, mais qui sait? J'espère aussi pouvoir un jour pouvoir regarder dans la rue des couples d'amoureux avec amusement, jalousie, ou désinvolture, sans avoir à remarquer qu'il n'y en a pas un de chaque sexe.Certes, il me reste du chemin. Et, au fond de moi, les arguments contre du genre "contre nature" sont encore présents. Mais j'espère qu'un jour, moi, et les autres, on saura passer au dessus de ça.





