C'est pernicieux, à chaque fois je n'y pense plus, et puis soudainement, c'est le coup de poignard dans le ventre. Entre deux phrases pendant une conversation, à la pub, au détour d'une pensée. Et soudain, l'uppercut. Et ça me rend irritable, désagréable, triste et songeuse, et ce le temps que la douleur se diffuse.
C'est douloureux, et puis ça repart, ne laissant qu'une légère boule à l'estomac. Le manque c'est comme ça, ça se réveille quand on s'y attend le moins, et ça repart aussi vite avec avec une célérité surprenante.
Depuis la rentrée, le temps s'écoule à toute allure. Je vais en cours, tous les jours, avec assiduité et application, je copie les cours dans des cahiers bien ordonnés, avec date du jour et titres soulignés, et j'essaie de les relire, mais dès que je rentre dans mon joli nid tout neuf, tout s'accélère. Je maîtrise une alimentation équilibrée et un frigo bien ordonné, des dépenses raisonnables et je gère vaisselle - lessive - repassage. Je vis une vie de grande. Où le temps semble passer deux fois plus vite.
Depuis deux mois, environ 200 sms échangés et enfin l'attente, incroyablement angoissante, Gare de l'Est un mercredi soir. Et trois jours d'autarcie et de bonheur. Cloîtrés pour cause de pluie et de baisers. Enlacés.
Parce que l'attente de se revoir sera longue et incertaine. Parce que les obstacles sont grands, le plaisir n'en est que décuplé de se manquer.
Alors en attendant, son parfum reste sur mon pull, son rire à mes oreilles, et le temps un instant suspendu reprend son cours, frénétiquement.
... se perdre dans des couloirs et des escaliers invraisemblables. J'apprends le plan par coeur, et je reviens.
Tu n'as pas essayé de me retenir. Tu m'as même donné toutes les raisons de partir. Tu as réussi à me faire sentir responsable, alors que j'étais juste inquiète.
Je n'aurais pas dû te laisser venir. A ce moment là j'ai su que je partirais. Mais il fallait que je te voie, car je n'aime pas les demi-mesures. Ce n'était pas un caprice de petite fille fatiguée, plutôt celui d'une petite fille abandonnée.
Tu seras toujours quelqu'un qui compte pour moi, et tu le sais, mais je pense qu'on ne se reverra pas. Parce que je ne peux pas passer mon temps à me demander ce qui se passe dans ta tête. A m'inquiéter de mes messages sans réponses. Alors que tu les reçois, et que tu m'ignores. Parce que tu n'as pas le cran, de me dire que tu doutes, que tu as besoin de temps, que sais-je?
Comme si moi je ne doutais pas. Mais je ne fais que ça. Je pensais qu'on arriverait à se dire laisse moi du temps, pas cette semaine, tu sais, je me pose certaines questions. Mais on n'a pas su se parler. Et lorsqu'il aurait fallu que l'on parle, tu as coupé les ponts.
Je refuse que tu aies le pouvoir de décider si oui, ou non, tu me laissera te parler.
Etre avec toi devrait être un soulagement, c'est devenu un poids. Une angoisse.
A-t'on d'ailleurs jamais été ensemble? Comment savoir l'importance que tu as accordée à notre relation? Pour moi, c'était exclusif, c'était privilégié. J'ai fait des efforts pour que cela marche. J'ai essayé de te comprendre. Je t'ai offert mon corps. Etais-je seulement la seule?
Si seulement tu avais compris que tout ce que je voulais, c'était la certitude de ton affection, de ta tendresse. Le plaisir de te revoir, juste pour être ensemble.
Que m'as tu donné en retour? Du mystère. L'impression de ne pas tout à fait faire partie de ta vie.
J'ai aimé être avec toi, pourtant. Mais cette dernière semaine, je n'ai pas compris ce qui se passait. Tu es devenu distant, mais tu n'as rien dit. Comme toujours.
Et comme toujours il aurait fallu que ce soit moi qui parle. Mais le fait que tu m'ignores sciemment pendant une semaine, puis que tu fasses devant moi comme si de rien n'était, ça m'a fait perdre mes moyens. Et c'était sûrement ce que tu voulais. Alors je me suis levée, je me suis dirigée vers la porte, et tu m'as laissée faire. Et tu n'as rien dit. Sûrement parce que si tu avais dit que tu ne voulais pas que je parte, cela aurait sonné faux. D'ailleurs, tu as même suggéré qu'on en reparle une fois que je serais reposée, comme si ma fatigue allait tout changer. Comme s'il ne s'agissait que d'une colère de surmenage.
Tu m'as perdue, ou bien tu as réussi à faire en sorte que je parte, je ne saurai jamais.
Mais tu m'as déçue, et ça, je ne pourrai pas l'oublier.
Il suffisait que tu me montres que tu voulais me garder.
De ces jours que l'on désirerait rayer de la carte. Une angoisse de la copie blanche de plus à ajouter à mes annales. La stylistique, ce n'est vraiment pas mon rayon, mais avouons surtout que je n'avais rien fichu. Je m'en mordrai donc les doigts seule dans mon coin en attendant les ratrappages. Et je retournerai à mon job d'abeille ouvrière en attendant vendredi et le partiel de Littérature et Culture. Curieusement, je trouve plus valorisant et gratifiant de vider les poubelles et de passer la serpillère, tout en répétant en boucle "Bonjour Monsieur Au revoir Madame Est-ce que tout s'est bien passé ? ", plutôt que de faire des études. Je me trouve utile, vous voyez.
Enfin, ça va quand même être dur de tenir, parce que le réveil à 5H30 c'est costaud, je vous le dis.
Heureusement, des rendez-vous galants égrennent la semaine. Pour la première fois en vingt ans, mon horoscope aura raison: "émotions et tendres moments les 10 et 13". C'est du moins ce qui est prévu.
Un vrai tourbillon, ma vie, j'vous dis. Pour trouver le temps pour dormir et respirer, il faudrait encore que je puisse poser des RTT.
Alors, à défaut de glamour, je vais aller glisser mes gambettes fraîchement épilées (non mais c'est que ça se soigne un homme) dans mon pyjama en pilou, et regarder les Experts. En attendant des jours meilleurs.
Le soleil entre à flots par la fenêtre, et j'entends de l'autre côté de la cour les ouvriers qui s'interpellent, les ouvrier qui posent mon parquet et le carrelage de ma salle de bains.
Il me reste deux partiels à réviser, mais je suis très sereine (malgré mon retard).
Je commence à travailler lundi, enfin, je crois, chez Cojean ça a l'air d'être assez roots côté organisation.
Je bois l'air, je respire les couleurs, je mange le temps.
Ma bonne humeur est imputrescible. J'ai l'impression d'avoir avalé le soleil.
A se demander si quelque chose ne doit pas tourner de travers d'ici peu.
Et, languide, toute de noir vêtue parce que curieusement le noir sied à ma bonne humeur, je relis Gatsby le magnifique en me disant que la mélancolie est décidément du temps perdu.
[Edit trois minutes après: et puis il y a le doute, le doute qui s'insinue, vicieux, pernicieux, le doute qui fait tout vaciller. Et puis ça repart.]
Alors, premièrement, lundi, deux partiels. Puis, rebelote, le 9 et le 13 juin.
Ensuite, je commence à travailler chez Cojean le 2 juin. Fort bien.
Et puis il y a lui, ce qui fait que, je ne suis pas du tout concentrée, pas du tout motivée. Mais heureusement aussi, pas du tout stressée.
Mon planning est tout chamboulé, je n'ai pas l'habitude.
Il faudrait: que je fiche les cours sur Auschwitz / que je finisse la lecture de l'Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil / que je fasse un relevé des chapitres de Delbo / que je relise les exposés de Littérature des voyages.
Et j'aurais plutôt envie de: me vernir les ongles (pieds et mains) / prendre un bain avec des sels au muguet / aller m'acheter des ballerines pour mettre avec ma robe d'été / choisir des peintures pour mes meubles et mes murs / regarder une comédie sentimentale.
Je suis très, très mal partie.
[Edi : Cookies. Wish you could smell this.]
Paris est une bête assoupie tout autour de moi. J'entends par la fenêtre ouverte les palpitations sourdes de son coeur battant. Le mien le rejoint en cadence, frustré de ne pouvoir profiter des odeurs d'air chaud qui emplissent le ciel noir, des odeurs du soleil que le macadam a avalé toute la journée. Je sens ma coquille se craqueler, tout mon être est en attente. La ville a quelque chose à me proposer, je le sens. L'impatience me gagne, celle que je ressens en été, celle qui fait s'épanouir tous les espoirs. Ce parfum de la ville endormie en été est la promesse de jours les plus doux, ceux où ma peau rosit et où mes sandales vont aller claquer sur le pavé, un livre dans mon sac, à la recherche de ce que la ville a et aura toujours à me faire découvrir. Je suis fébrile, la nuit m'a fait des promesses.

J'ai une blouse, elle est gris orage, comme celui qui gronde dehors, et puis celui qui gronde en moi, je ne veux pas travailler, pas envie, pas envie du tout, et je fais ma flemmarde. Et si j'allais au cinéma?

** Au réveil, le 7 avril 2008, Guyancourt **

Créer des carnets de tendance pour mon futur nid rienkamoua.
(Excusez pour le plan, j'ai ni les dimensions ni la formation d'architecte).
Au lieu de faire les fiches sur la caractérisation, bien entendu.
** Bande-son: My Love Cover JT - Tender Forever **
Samedi Jeans-Converses-LeatherJacket. Echarpe en jersey gris, gilet doudou et besace vintage. Un peu cover de Soft grey, dans l'esprit. Moments en famille et lumière tamisée inclus.
De ces jours où j'ai envie de crier home sweet home!
Je voulais vraiment, pour les photos. Et puis, il y a eu la pluie, il y a eu des morts, pas des plus proches, mais des qui font pleurer, parce que ça fait peur, parce que ça fait vrai, parce que ça fait penser. Il y a eu la lassitude, l'attente dans le noir d'une réponse qui ne viendra pas, l'ennui, la colère. Il y a eu l'envie d'arrêter de rire, pour un temps, et chercher à occuper ses mains, sans réussir.
Et par dessus ça, les disputes, le ton qui monte, l'incompréhension, et tout qui déborde.
Avoir les larmes à fleur de paupière. Toujours se sentir sur le point de céder.
Pourtant, je suis retournée danser, j'ai bu de la bière, j'ai mis une robe à fleurs (encore une nouvelle robe!). Mais mettre des mots, ici, je ne sais pas.
Parce qu'il faudrait trouver des pourquoi. On ne perd pas une Maman on ne perd pas un frère, on ne perd pas des amis, on ne perd pas des gens bien de façon inexpliquée comme ça, dans la douleur et les draps d'hôpital. Si soudainement et pourtant dans la longue agonie. Et sentir la douleur de Maman, c'est la vivre aussi, alors, on ne dit rien, on pleure en silence, et on attend que la plaie se referme. Un peu.
Je me gave d'images. Aller au cinéma, frénétiquement, aligner après les images émouvantes, les images drôles, vite oubliées ou indélébiles, manger de la pellicule comme si il en allait de ma santé mentale. Enregistrer, visualiser. Vivre par procuration, enchaîner les images comme une collection. Trier des photos, aligner des Giga Octets de villes et de mémoires. Se faire des souvenirs des autres des souvenirs personnels. Vibrer par écran blanc interposé, pleurer à travers la lentille Leica, espérer à travers le LCD de mon Asus.
Sur l'écran, par le clavier, réserver des villes et des avions, bouger pour vaincre le tourbillon de ce néant qui parfois me rattrape. Vivre frénétiquement pour ne pas vivre mon inaction. Ne surtout pas se laisser avoir par une ville, mais se forger une image composite de toutes. Alterner les rendez-vous. Gare, Cinéma. Aéroport, Théâtre. Voiture, Livres. Métro, Ordinateur.
Ne pas écouter les doutes, tracer une route.
Je me fais tirer les oreilles par une Mélis. qui a bien raison de le faire. Il faut réveiller ce blog moribond.
J'ai essayé à plusieurs reprises de faire une jolie note, mais, de voir qu'il y en avait déjà 222, quel joli chiffre, m'a à chaque fois arrêtée dans mon élan.
Je me fais tirer les oreilles par Maman, à qui j'ai répondu merde dans un mail, forcément, elle fait la gueule. Mais je n'aime pas qu'on me dise ce que je dois faire, surtout quand il se trouve que je l'ai déjà fait.
Je vais me faire tirer les oreilles par mon cordonnier aussi, quand il va voir comme je maltraite mes talons avant de les lui porter. Bilan, hier, j'en ai perdu un en route (de talon), alors je n'ai plus le choix, il va falloir réparer.
Je vais me faire tirer les oreilles par ma balance, si encore j'ai le courage de monter dessus ce week end. Le week end dernier à coutainville a été fatal: raie, crabe, frites, poulet rôti, macaron, profiterole géante, camembert. Dedieu.
Il n'y a que ma banquière qui va être ravie: depuis que j'ai une nouvelle carte bleue, la hantise du découvert me hante, et je fais mes comptes avec une régularité surprenante.
Ce soir, je fais "dîner-restaurant" pour mes grands parents. Mamy m'a offert un blender pour mes soupes, et deux livres de recettes. Alors ça donnera: Velouté de lentilles corail / gratin de queues d'écrevisses / risotto aux cêpes / verrines poire - chocolat.
Yummee.
Mais avant, il y a un cours "Ecrire après Auschwitz" qui m'attend. Vu le moral que j'ai depuis cette histoire de dispute avec Maman, ça va être la joie...
Promis, je fais des efforts. Et dès que possible, je montre la photo commandée par Lola-Valérie.

(Je crois que j'avais oublié de vous narrer ce moment de folie pure - auquel il est convenu que je participerai l'an prochain.)
(Notez les Surveillants de mer, qui eux, se sont baignés avec la Parka.)
EDIT:
Et pour les curieux, j'ai envoyé ma recette, et ça ressemble à ça.
J'ai fait de jolies piles de CV - Lettres de motivation.
Je n'ai pas beaucoup travaillé aujourd'hui, mais je n'ai pas perdu ma journée.
Je me suis disputée avec Petit Frère, il a gagné. Enfin, c'est ce qu'il croit, sauf qu'il réalisera bientôt que MijieQuiFaitLeTaxi, c'est fini. Et qu'il s'en mordra les doigts. Je déteste qu'on me prenne pour une idiote.
J'en ai assez de ces histoires de coeur stupides et qui ne mènent à rien, de ma balance qui m'agace, des revenants dont on croyait être guérie.
Enfin, il pleut, c'est les révisions, je croyais être en vacances le 16, il faudra attendre le 18, bref, j'en ai assez, en fait.
Alors quand on me parle de quelques jours à Berlin, de quelques autres à Dublin, j'accours, je cherche les prix du billet sur Air France et easy jet, je bénis les étrennes de Papy qui vont peut-être me permettre de m'envoler, far, far away.
Fin du bol d'air. Garder en tête et dans les poumons les heures d'embruns. Ne pas penser à l'angoisse des partiels, pourtant bientôt. En vacances, le 16 Janvier. Respire, respire. Rêve, rêve. Tu vivras plus tard. Visse ton iPod sur tes oreilles et bosse.
Tu t'achèteras un sac Vanessa Bruno quand tu seras sage.
Et ptètre que ça fera tomber les mecs. Ou criser ton banquier?
En attendant, oublie, et bosse. Merde.
Je vais partir deux petits jours au bord de la mer, avec l'illusion que ça ira mieux au grand air. L'ambiance est électrique à la maison, passées les fêtes tout le monde s'est de nouveau senti agressé. Rien ne va comme prévu dans ma vie, tout va même franchement de travers. Je suis épuisée, je ne dors pas la nuit mais beaucoup trop le jour. Les partiels se profilent, et ce ne sont pas eux qui m'angoissent le plus. J'aimerais faire pause, mais tout s'accélère. Je vais débrancher le téléphone, ne plus aller sur internet. J'aimerais ne plus être là pour personne, sauf pour moi-même.
Sur le front de mer, les embruns délaieront mes larmes.
Ce blog est affreusement mal tenu ces derniers temps, je m'en excuse. Mais voyez-vous, je travaille, et je n'y suis pas accoutumée. Ce week - end PC Chéri rentre avec moi en banlieue (pour ledit travail), j'espère en profiter pour vous raconter deux trois choses amusantes entre une ligne du Démon de la théorie et quelques apprentissages du devoir sur les subordonnées en grammaire.
Par contre, si vous croisez le Père Noël, il serait sympa qu'il fasse quelques courses pour moi, parce que je n'en vois pas le bout.
Mon Dieu, pas le temps pour le shopping, ce n'est pas moi.
Imposteur, sors de ce corps.
A l'heure qu'il est, je devrais être en train d'apprendre cette fichue fiche de figures de styles. Je devrais relire mes corrigés d'études de textes, pour le devoir de demain. A l'heure qu'il est, je devrais étudier Todorov, préparer l'oral de jeudi. A l'heure qu'il est, je devrais être levée depuis 7h et travailler depuis 8.
Au lieu de cela, j'ai farniente jusqu'à 9h sous ma couette, regardant le ciel se dégager, j'ai pris un petit déjeuner tranquille, j'ai profité du silence de la cour qui m'isole de la ville.
Les deux dernières semaines, j'ai rendu deux devoirs, eu deux devoirs sur table. Ce n'était que le début, mais j'en ai déjà assez. Je me suis habituée à la paresse, elle est devenue ma meilleure amie. Et fidèle à moi-même, je recommence à tout faire dans l'urgence. Et à tout faire mal.
Pourtant, cette année je la veux, mais j'aime trop ma langueur. Allez, secoue-toi.
Et il y a ces bottines qui me font de l'oeil dans la vitrine, aussi. Ce n'est pas raisonnable, mais c'est tout moi.
Quand - est ce que je commencerai à être sage?
Alors, comme toujours après le long été plein de vie, je commence mon hiver fait de rêves. J'hiberne.
Critique Littéraire.
Sujet : « Tenter de lire plus. Donner au signal perçu une meilleure réponse ». Dans quelle mesure ces propos de Starobinsky caractérisent–ils la critique littéraire ?
Oulàlàlàlà. Et je dis quoi, moi?
J'adore le yoga, j'ai envie de faire dodo.
Me rencentrer sur moi, pas sûr que ça soit utile, néammoins, je sens que je vais bientôt investir dans un petit tapis pour yogater à la maison.
Au marché, on a acheté des Saint-Jacques, et on sort une bouteille de vin que l'on versera dans nos verre sur la table au soleil. On capte les derniers soupçons de l'été, bien que l'air sente déjà l'hiver et que le cerisier, dont l'ombre s'allonge, se pare déjà de feuilles ambrées.
Ce sont mes derniers jours de vacances, et j'apprécie ces moments intemporels. Ces moments, où l'on voudrait dire pause.

*Jardin d'Eau de Claude Monet, Giverny, 30 Septembre 2007.*
Cette nuit j'ai rêvé.
Que j'avais de longs cheveux qui coulaient doucement dans mon dos. Qui volaient au vent. Que je rejetais en arrière, que j'attachais en chignon, qui retombaient devant mes yeux.
Et j'ai rêvé que je loupais ma rentrée.
Réveil mi - figue / mi - raisin.
Edit: surtout qu'hier, le rêve, c'était que je me retrouvais au bord d'un lac magnifique, entouré d'arbres rouges magnifiques, que je croisais des pompiers m'avertissant qu'il fallait que je parte au plus vite car il y avait un incendie, et que ma mère, au téléphone, ne mesurant pas l'ampleur du risque, rechignait à venir me chercher en voiture...
Il pleut. Non mais vraiment. 83% d'humidité, c'est limite la jungle équatoriale. Le pire c'est qu'il fait chaud. Pas comme ces derniers jours où il faisait froid et où j'ai chopé un rhume.
Enfin toutes ces considérations météorologiques pour en venir à dire ceci: quand on s'énerve et qu'il fait humide en prime, c'est pas agréable. C'est déjà pas agréable de devoir appeler la fac plusieurs fois et de patienter cinq minutes pour rien. J'en peux plus de ces administrations toujours fermées, ou débordées, où qui t'envoient ailleurs, toi pauvre petite étudiant qui n'a plus de pieds pour courir à travers Paris, et autre chose à faire que de gambader dans le métro entre trois coups de fil, pour avoir une info aussi excitante que les pièces à fournir pour une inscription en seconde année. Que ceux qui ont des problèmes de fac compatissent. (Mathi, lève la main et pleure avec moi!) Merci. C'est pas non plus terrible de devoir annuler un dernier rendez - vous de conduite alors que le prof avait posé une date de permis juste après.
(Youhou youhou, c'est le moment où on se réjouit pour moi, c'est la petite bonne nouvelle de la journée, mais ne me demandez pas quand ça serait, je suis superstitieuse très nerveuse à ce sujet.)
C'est pas non plus ouf ouf de joie d'aller acheter une carte orange avec tous nos petits amis les j'ai attendu la dernière minute pour venir prendre mon titre de transport qui font la queue devant. Mais bon, on s'y fait. D'ailleurs, ça m'a permis de obligée à prendre des photos d'identité, j'aime pas ça mais c'est fait.
Tout ça pour dire que demain je vais chez le dentiste demain. Super. Que je reprends les cours lundi, sauf cataclysme du genre pas d'inscription, et que je compte bien pouvoir aller à un cours de yoga pour évacuer toutes ces tensions, sinon j'envisage de prendre le premier fonctionnaire qui passera pour punching ball attitré. Que je vais faire un check - up chez le docteur avant la rentrée, et que ça m'enchante, surtout le moment balance.
Que ce début d'année s'annonce très zen, en fait.
Mon Dieu mon Dieu que c'est dur. Je ne sais pas si c'est le retour du voyage promo. C'est toujours très dur, la fin de cette semaine privilégiée. Nos parents viennent de la même école, et nous, leurs enfants, on est tous amis. C'est comme une famille, on s'est pas choisis, mais jamais un accroc. Plus on grandit, plus petits frères et grandes soeurs se tolèrent, pour former une bande de potes de plus en plus grande. Alors de cuite en rando, ces semaines sont toujours particulièrement à part.
Du coup, de retour dans mon home sweet home qui me manquait, j'ai les larmes au bord des paupières, déjà deux Aspégic dans le gosier, et un mal dans la peau, à ne pas savoir où me poser.
Tous les ans c'est pareil. Je voulais Paris, j'ai hâte d'y re-balader mes ballerines 36 fillette. Mais ce soir, la maison en bazar, les valises pas encore rangées et les photos à trier, c'est trop dur.
Les souvenirs me reviennent par vagues, déjà. Et ils me manquent, tous, certains en particulier.
Je n'ai pas le courage de sortir ce soir, trop mal à la tête, j'aurais pourtant bien besoin de m'aérer la tête.
Demain, ça ira mieux, quand j'aurai pleuré un peu et rangé beaucoup, et commencé à faire tout ce que j'ai d'ennuyeux à faire ici, maintenant que cette grosse tranche des vacances est finie.
Je lis La promesse de l'aube, et je me régale avec cette histoire d'amour maternel, de patriotisme russo-français et d'aviation en 39 - 45. Je le referme, toute belle chose a une fin, et j'ouvre Belle du Seigneur, "rien de moins que le chef-d'oeuvre de la littérature amoureuse de notre époque" (sic).
Et je me dis "mon Dieu, à ce rythme, je ne vais pas arriver à la mille cent - dixième page".
Mais qu'arrive t'il à mon cerveau de nénette-girly qui aime les romans d'amours sirupeux, je devrais être ravie, non?
Avec Mathi on a des rêves. On se sait tellement bien toutes les deux, que je la devine mieux que bien d'autres. Je sais même quand elle est elle et quand elle s'enferme pour faire bien devant les autres. Et elle, elle sait me dire ce qui me fait plaisir, et on ne se dispute jamais même quand on se voit tout le temps. Et quand on se voit pas deux jours, on se manque...
Alors du coup on a des rêves. Mais du sérieux, des trucs vrais. Des rêves de coloc très bientôt, de faire les courses au Monop' ensemble comme on fait déjà, de nos mecs devant la télé et de nous avec nos soupes régime. On voudrait se la jouer Friends, et c'est plutôt bien parti. On aura notre salon avec des poufs en forme de poire, et on regardera des films tard tout ensemble et on finira la soirée en débat politique parce que Mathi et moi on vote pas pareil.
Elle sera mon témoin de mariage tiens, ou ma demoiselle d'honneur, ou n'importe quoi tant qu'elle est là. On aura des robes magnifiques, et il y aura toutes mes amies, et on pleurera ensemble avant d'amener l'autre à l'autel, tellement ça sera fort comme moment. On repensera déjà à la veille, où on se sera fait une journée spa-épilation-glaces haagen dasz, qui sera trop drôle.
Et puis plus tard, on partira dans la familiale qui nous emmènera tous en vacances, avec les enfants qui se battront à l'arrière et les maris se relayant au volant, pendant que nous on se fera les ongles en lisant glamour, parce que c'est trop nous de faire ça. On louera une grande maison tous ensemble, et peut être même qu'on ira à Coutain et qu'on se fera des apéros interminables avec mes autres potes de Coutain. Tout le monde s'entendra super bien et ça sera à la vie à la mort.
Et puis à plus court terme, des vacances à Melbourne, et le rêve, ce serait qu'on y aille à Noël, parce que là, ce serait aussi une semaine à L.A. Et on s'offrirait nos cadeaux sur la plage, et on irait mépriser Paris Hilton sur Rodeo Drive. Et on se la pèterait parce qu'on aurait fait le tour du monde, du coup. Les 14 heures d'avion passeraient à chaque fois comme dans un éclair, parce qu'on arrêterait pas de papoter, et de mater les fesses du stewart.
Donc avec Mathi on a des rêves. Et ce qu'il y a de cool dans ces rêves, c'est qu'ils ressmblent comme deux gouttes d'eau à mon but dans la vie.
Back to Coutain for four days. Until wednesday, you won't have any word from me.
Je me déconnecte.
Je reviendrai chargée d'embruns, je lirai des heures seules sur la plage.
Je vous embrasse, et vous me manquerez. Ca ne paraît pas, mais je vous lis beaucoup, ces temps - ci.
A bientôt.
Et les mains d'une femme - d'une femme- qui l'essuyaient en caressant sa peau, partout ces mains, et cette étoffe tissée de rien. Pas un instant il ne bougea, pas même quand il sentit les mains remonter de ses épaules à son cou, et les doigts - la soie, les doigts - monter jusqu'à ses lèvres, les effleurer, encore une fois, lentement, puis disparaître.
Hervé Joncour sentit encore le voile de soie se soulever et s'éloigner de lui. La dernière sensation, ce fut une main qui ouvrait la sienne et dans sa paume déposait quelque chose. (...)
Ce ne fut rien, ensuite, d'ouvrir la main, et de voir ce billet. Petit. Quelques idéogrammes dessinés l'un en dessous de l'autre. Encre noire.
Alessandro Baricco, Soie
Pas de photo pour un montage, alors fermez les yeux, et voyez, ce cerisier japonais, en fleurs, se découpant en blanc sur le fond noir d'une colline.
Connecting on messenger. Première connection depuis... des lustres.
Alexandre dit :
salut toi
**мijiз** dit :
salut
**мijiз** dit :
ça va?
Alexandre dit :
oui et toi ?
**мijiз** dit :
oui oui ça va quoi de neuf?
Alexandre dit :
ba je suis célibataire et toi
Trois phrases. Et il me lance ça.
Alors. Que ce soit clair. Je ne suis pas un TER. Si tu me loupes, y a pas de suivant.
Je ne reviendrai pas sur ma décision.
Et je déteste le démarchage à domicile.
Alors TA GUEULE.
Puisque Atae me l'a si gentiment proposé, me voilà en train de me creuser pour vous dévoiler mes secrets les plus intimes. Quelque chose qui ne figure pas encore sur ce blog.
Bon, ne vous emballez pas, je n'ai pas beaucoup de secrets. Mais si on considère que ces secrets englobent aussi les plus grosses hontes ou encore les choses que l'on regrette trop pour avoir envie d'en parler, je devrais trouver la substance nécessaire.
1# A huit ou dix ans, alors que j'étais aux cabinets chez Papy Roger, j'ai conscienscieusement gratté la mousse qui constituait les petits dessins sur le papier peint. Oh, pas grand chose, deux centimètres carrés, l'équivalent de trois motifs. On ne verrait rien.
Sauf que Maman a tout vu. Et que pendant de longues heures, j'ai nié, rejetant de ce fait la faute sur mon petit frère.
Le Pire, c'est que j'y repense à chaque fois que je retourne chez Papy Roger, puisque les preuves sont encore là.
2# A Coutain, il y avait une tradition, celle de faire une fête ou plusieurs chaque été, dans la petite maison qui est dans le fond de mon jardin. Deux chambres au dessus d'un garage, idéal. Sauf que pendant l'été 2005, on a fait beaucoup trop de bruit, forçant Maman à venir, à plusieurs reprises nous rappeler à l'ordre. Jusqu'à la fois où, entrant dans le garage plongé dans l'obscurité, musique à son paroxysme, elle a vraiment crisé. J'ignore toujours si c'est parce que c'était la fois de trop, et que mes invités, dans le jardin, étaient vraiment insupportables, ou si elle a vu que j'étais extrèmement occupée avec mon ex le plus infréquentable. Vu l'obscurité je oense qu'elle n'a rien vu. Mais. Elle n'en a jamais reparlé. Moi je n'ai pas insisté non plus quand elle a dit que jusqu'à nouvel ordre, il n'y aurait plus de fêtes dans la petite maison.
3# Une fois, quand j'avais environ dix ans, nous étions en vacances en famille chez mon parrain. Il a une fille qui a trois ans de moins que moi. Nous jouions à la marchande dans sa chambre, et je lui ai proposé de compter son argent. Prions pour qu'elle ne sache jamais que je lui avais volé huit francs...
4# Quand je vous dis que je suis fauchée, ne me croyez pas. C'est juste que l'argent que j'ai, je veux l'économiser ou le consacrer à autre chose. Je suis trop flippée et raisonable pour être vraiment fauchée.
In fact, je suis radine. Et dépensière. Allez comprendre.
5# Excuse - moi, Mathi, mais je serais vraiment heureuse si tu ratais ton semestre. Parce que ça me ferait vraiment chier de redoubler sans toi. Donc j'essaie de ne pas t'influencer, mais c'est duur. Promis, je vais essayer de me racheter, mais j'espère toujours secrètement qu'on ne sera pas séparées...
Dingue, j'ai pas vraiment de secrets en fait. Il faut que j'arrête de raconter ma vie à tout le monde.
Et si je retrouve d'autres shames on me, j'actualiserai cette note.

En vacances, je passe beaucoup trop de temps dans les trains reliant Paris à ma banlieue.
Robert Desnos (A la Mystérieuse, 1926)
Je n'aurai pas la mer mais j'aurai du soleil. Du froid sur mes joues roses et du vent dans la nuque. De l'air sur le pont d'Inea, balayant mes pensées, de l'odeur des embruns qui remontèrent le fleuve, amenant avec eux les désirs d'évasion qui me lèvent le matin.
J'aime ouvrir la fenêtre dans le froid glacial, et humer ce silence que nous offre l'hiver. M'engouffrer dans cet air comme dans un train, et donner à ce tourbillon mon souffle à moi, ma force, le laisser me vider, comme je laisserais faire les vagues si j'étais sur la digue. Ne plus penser à rien qu'à lutter contre cette curieuse force, et n'en repartir que plus forte, que plus pure.
C'est cela certainement que je suis allée chercher dans cette heure à pédaler, lundi, seule au coeur des bois, ce besoin de pureté, de perfection. De tout donner.
Je l'ai d'ailleurs dit "Rendre meilleur mon corps, à défaut d'avoir réussi avec mon esprit. En attendant mieux."
J'ai besoin de courir, de marcher, de respirer, pour me prouver que je sais vivre, encore.
Que ce souffle sur ma nuque, qui n'était qu'un rêve au matin, je l'aurai un jour.
Que ces mots que je dévore, je saurai me les approprier.
Que je n'aurai plus envie de pleurer un jour, quand je regarde les étoiles, comme ce soir au dessus de Paris.
Je crois que tout le monde sait que j'aime me balader. Alors, comme demain il ne reste plus "que" la religion romaine et que tout le reste a été un désastre (mais je sais à qui m'en prendre), j'ai décidé d'aller me dégourdir les neurones. Après la lecture de la fin (donc de la seconde moitié) d'un énorme pavé à l'eau de rose, j'ai rechaussé mes bottes, enfilé ma petite veste toute-neuve-de-chez-en-soldes et je suis partie me balader. Ayant fait chou blanc chez Tati (ils n'ont plus de vernis rouge, bouhouhou), je me suis décidée, ce à quoi je rechignais depuis plusieurs mois, à aller acheter mon parfum. J'ai donc redescendu la butte et me suis dirigée d'un pas alerte vers les Galerie Lafayettes.
J'ai fait l'acquisition d'un énooorme flacon de mon parfum chéri, on m'a offert des tas de petits échantillons en cadeau.
Tout guillerette et grisée des effluves de parfums, j'ai remonté la rue jusqu'à la Trinité. Et là, le choc!
Un vicomte en velours rouges, chaussures à plateformes, dentelles aux poignets et canne de gentleman, à peu près mon âge, s'avançait d'un pas sûr en face de moi.
Le visage, maquillé, maculé de fausse blessures et de sang artificiel.
Yuark. Je SUIS tolerante. Mais là, j'ai été très, très choquée. J'ai eu peur quoi.
Pour vous dire, juste après, j'ai fait un bond d'un mètre en entendant un claquement... celui d'une portière de voiture.
Quand les étrangers me disent que les Parisiens sont des gens particulièrement bizarres... maintenant je vois ce qu'ils veulent dire.
Le siège à ma droite, est resté vide, une heure et demie.
Je savais bien, qu'il n'était pas à la fac cette semaine.
Surprise day today.
Pourtant, je ne suis pas sortie de chez moi. J'ai végété tout la matinée, et j'ai passé l'après - midi entre mon PC sur mon lit et le canapé devant la télé.
Et puis les gens on commencé à faire leurs résurrections.
Tout d'abord Rubens, dont j'avais rêvé la nuit même, qui m'a reparlé sur msn. Puis, Oh surprise, Toc Toc Toc à la porte à 21h15 et là, surprise, Rudolph, que je n'avais pas vu depuis la troisième. Oh mon dieu.
Et enfin Alex, le meilleur ami, qui repapote avec moi, sur msn toujours. Et c'est bien sympa.
Et enfin j'ai regardé Le Soldat Rose que j'avais enregistré dimanche soir. Et c'est magique, et comme j'ai le CD et que je connais toutes les chansons c'est encore mieux.
Alors je suis gonflée à bloc.
Prête à chanter Love Love Love à Mr Grammaire après avoir fêté le réveillon comme il se doit et éclater mes partiels.

Et je l'ai enfin retrouvé... je n'y croyais plus, mon parfum dodo!
[et celui qui me fait remarquer c'est pour les "coquettes" de "6 à 12 ans", je le grrr!]
Passer la soirée à garder Luc, le petit bout de chou fait dodo, et moi j'essaie de réviser. Les déclinaisons des substantifs en ancien français, tout ça. J'avais regardé la brochure des lettres modernes appliquées, les matières, ça me fait rêver. Maman m'appelle, et je lui dis, pour redoubler mon année, ça a l'air bien parti, elle me dit que ça sera pas un drame.
Ma nuque est devenue raide, ma gorge serrée, un mal de tête indescriptible, et mal, partout, dans le dos, dans les bras. Je rentre et essaie de dormir j'ai si froid, envie de vomir, puis trop chaud, bien trop chaud. Je fais des cauchemars, touche mon front pour voir si j'ai de la fièvre, mais apparemment non. Et quand j'ouvre les yeux: 9 heures, le partiel commence et je suis encore dans mon lit, toute faible. Je me lève pour le dire à Papy et Mamy, et dans la cuisine, je m'assois, puis plus rien. Le rêve, et puis la voix de Mamy elle est tombée, elle s'est évanouie.
J'ai toujours des symptômes bizarres, des chutes de tension, on ne sait pas trop pourquoi.
Je crois que ces derniers temps, entre la fac qui me soucie et Mr Grammaire qui m'angoisse / m'obsède je suis un tout petit peu très stressée.
Ecoute, et lis.
Imagine. Le plic ploc des gouttes sur la vitre.
Imagine. Le moelleux d'un lit, la chaleur d'une couette.
Imagine. L'odeur de pain grillé et de feu dans la cheminée.
Imagine. Le souffle sur ta nuque, le baiser sur ton front.
Imagine. Le soleil qui prend le dessus et vient caresser ta joue.
Imagine, la douceur.
Un jour je prendrai ma plume, ou ma souris, pour écrire des choses qui ne seront pas ma vie. J'aimerais bien, pour le prestige de l'écriture, pour le côté hors norme, pour l'auto contrainte dont je suis pour le moment incapable. Je poserai mon ordinateur à côté d'un chocolat chaud, dans le fauteuil moelleux d'un café parisien, et en regardant la pluie s'égoutter sur les vitres ou le soleil rougeoyer sur montmartre, en savourant la vie des passants par la pensée, en imaginant, en y mettant des anecdotes inventées issues de la vie réelle, j'écrirai des pages entières sur des trucs géniaux.
Mais pour le moment, je ne me sens pas avoir assez vécu pour sembler légitime. Et puis sans intrigue, sans idée, je n'aurais même pas le premier mot. Mais j'adorerais ça.
Alors en attendant, heureusement qu'il y a ces mots si gentils que me dit Mathi pour me remonter le moral, ces choses qu'on rêve tout d'entendre en fait, ça regonfle l'ego. J'étais tellement flattée, et touchée, je n'ai même pas su quoi dire. Et pourtant ça n'avait pas grand chose de compliqué, mais j'ai vraiment eu l'impression que tu me connaissais, que tu avais compris mieux que moi ce qui me définissait, ce que je faisais avec le plus de plaisir, ce qui faisait que j'étais moi. Pour Cojean, pour la cuisine, l'écriture, les bricolages et le reste. Je ne sais pas remercier.
Les mots sont magiques. Ce n'est pas de ça dont je voulais parler, mais finalement, c'est tellement plus joli.

Il
m'a payé un café
J'ai peur de m'être payé
Sa tête
Dont il a coupé les cheveux
Si blonds
Moi qui préfère
Les bruns - évidemment.
Je contradictionne
Par habitude
Et mon portable
Inlassablement
Sonne
Les amies
Trop A-mantes
Et pourtant non averties
Viennent aux nouvelles.
Mais rien
N'est à dire
Je m'indécise
Ne me
Connaissez - vous pourtant pas?
Je ne veux pas
Projeter mes rêves
- sur la réalité -
Mais les vivre
- en réalité.
Flash back première de couverture
Virgin cet après - midi
Vous Interdisez Vous Le Bonheur?
Ceci expliquerait
Cela.
Je ne veux pas finir seule
Mais en vérité je n'aime pas
l'idée de ne pas être célibataire.
Pis t'façon, l'euphorie retombée, j'ai plus envie qu'il me serre dans ses bras.
Mes cheveux sentent encore la cigarette malgré un bon shampooing parfumé de fleurs, et je sens la soirée d'hier dans tous mes muscles. Les pâtes tout d'abord, commandées par téléphone, et livrées à domicile comme aux Etats Unis, dans un gobelet en carton, mangées avec des baguettes, assises à même le sol.
Puis le Queen, soirée de filles, open bar champagne, quarts d'heures américains, musique années 80 et strip-teasers. Les inévitables pétasses en micro short et escarpins. Paule qui se fait tellement draguer que moi, je suis tranquille. Danser, danser, danser, en être saoûlée. Danser, danser, danser. Avoir mal aux pieds, à la têtes, aux bras, avoir trop chaud, se sentir vidée, si bien.
Je me demandais ce que penseraient les gens que je connais de tout ce que j'écris ici. Bien sûr, il y a Mathi, que je connais "en vrai" qui me lit. Mais elle a découvert cet ici et moi, en même temps. Mais ces gens que j'aime / qui m'aiment depuis longtemps, qui me connaissent autrement? Découvriraient - ils une autre mijie, ou me connaîtraient t'ils d'autant mieux si ils me lisaient? Auraient ils l'impression d'avoir été trompés pendant les dix - neuf dernières années? Manque t'il quelque chose à tout ce que j'écris ici pour refléter ma véritable personnalité? Je ne saurais pas dire si ce que vous connaissez de moi, vous qui me lisez parfois, est vraiment moi, ou si cela reflète ce que je voudrais paraître / ce que je m'efforce d'être / la part écrite de moi - même. Une seule facette de moi - même?
Pourquoi je me demande tout ça? Ca m'est venu, hier soi, face à face dans le miroir embué des toilettes du Queen, lumière blafarde peu flatteuse, voisines pétasses mais bien fichues, et cette question. "Cette fille dans le miroir, est - ce vraiment moi?".

La Hague, usine de retraitement des déchets radioactifs, août 2006.
Ariane Moffatt chante des trucs comme
imparfait
le monde est imparfait
imparfait.
Ou alors elle s'acharne à répéter
J'comprends plus c'qui m'arrive / J'perds le contrôle et ça m'fait rire.
Et moi comme elle je sussurre, je ne fais rien, je divague. Pas de latin, ni de grammaire, ni de lecture, je vagabonde tout simplement, une impression de stress latent, comme si dans mon sommeil j'avais trop pensé. Il faudrait que je fasse des petits bagages pour deux jours [Baby - sitting Luc / trekking à la fac / soirée au Queen]. Mais non. Il faudrait que je passe l'aspirateur. Mais non.
Je me sèche les cheveux avec soin, je mets une jupe d'hiver, la première, et je me réjouis qu'elle s'assortisse bien avec mes bottes. Je prépare des Petits Trucs pour ma Mathi qui passe son permis demain (non, tu ne sauras pas ce que c'est, mais tu vois, je pense fort à toi!).
Il faudrait que je mange, aussi. Mais je n'ai plus faim. Et ça. Ne peut me faire que du bien.
Vous voyez, il ne se passe rien, rien de passionnant. Mais je pompe tout l'air de ma bulle tant qu'il en est encore temps. Avant lundi. Avant la suite.
48 heures en bourgogne. En voiture, que des miss, déjantées, musique à fond, pause café à rallonge sur l'autoroute de nuit, fous rires à répétiton, pour finalement retrouver les autres voitures à bon port, maison de vacances perdue dans un village minuscule.
Dansons comme des pirates, déguisés en pirates, tous complètement délirants, et heureux d'être là.
J'ai rencontré un lui, on s'est tourné autour, frôlés, blagués, évités retrouvés, sans oser, sans dire, pour mieux ressentir? Il m'a appris le poker, je l'ai plumé de tous ses jetons. Il fredonne "love, love me do" toute la journée, en boucle sur la chaîne hi-fi.
Se laisser flotter, comme cette maison devenue notre bateau de pirates improvisé. Tout au long du trajet retour, se chasser - croiser sur l'autoroute, musique à fond, vitres ouvertes, petites chorégraphies sur la banquette arrière. Il m'aura maintes fois proposé de voyager avec lui. On emmagasine des souvenirs, comme ces Régalad lancés d'une voiture à l'autre dans la file du péage. Se téléphoner, vite, deux trois mots furtifs, comme ceux que l'on n'ose pas dire, comme quand on n'ose pas sauter du haut du mur. Un prétexte, "je suis bien arrivé" il dit. Et je suis rassurée qu'il le dise. Il me rappelera. Et on verra, pas d'angoisse pas de stress, il est si peu "mon genre" qu'il pourrait me plaire, me surprendre. Il me fait rire, avec son air un peu décalé, ses cheveux un peu longs, ses énormes défauts.
Et pour une fois je ne stresse pas, non, je suis juste bien. "Et on verra" c'est les mots qu'il faut.
On aura aussi redécouvert les copines, nous 5 / 6, affamées de se savoir les unes auprès des autres, rire sans répit, parce que nous toutes, c'est une histoire qui dure. Depuis presque 15 ans, on n'oublie rien comme ça. Se peletonner dans un éclat de rire à 5 sur un lit double, rien de tel pour le moral :)
On respire, on prend la pose, et *clic - clac* ce week end n'est déjà plus qu'une photo sur mon disque dur. Attaquons maintenant la semaine.
Ce n'est pas parce qu'l ne se passe rien ici qu'il ne se passe rien en vrai. Bien au contraire. Entre deux trains, entre dîner d'anniversaire de mariage et emplois du temps à la fac, entre dîner avec Paule et déjeuner avec Mathi, entre shopping pour un cadeau, et mal de ventre - canapé, je fais encore des tas de choses.
Comme ceci - celà.
Quand je ne peux pas contenter mes frénésies de shopping pour cause de ruine, je trouve des alternatives.
Ca bouge dans tout les sens.
J'aimerais pouvoir raconter mes rêves, de beaux rêves un peu tordus, mais poétiques, avec des trucs romantiques et merveilleux.
Cependant il est rare que je m'en rappelle, de mes rêves. Et quand je m'en rappelle, c'est pas toujours glorieux.
J'en ai fait un, une fois, il y a deux ans de cela, qui était plutôt marrant, avec des effets à la Gondry. J'étais spectatrice de la scène, qui se déroulait dans un beau séjour haussmanien, où une petite fille, pourtant de taille normale, était assez petite pour aller jouer dans une maison de poupée. Puis des hommes entraient, suivis du papa de cette petite fille.
Mais j'ai réalisé à mon réveil que le papa en question s'avérait être un mafioso accompagné de ses compères, que ce papa toujours était dans la réalité mon voisin et que dans ce rêve la mafia était devenu son moyen de subsistance car sa femme l'avait quitté.
Autant dire que si les rêves reflètent notre âme, je suis sérieusement dérangée.
Et cette nuit, au lieu de rêver d'un beau Prince Charmant ou d'une plage paradisiaque, j'ai rêvé que je faisais le pied de grue dans un magasin CASA minuscule, buvant du champagne et mangeant de muffins qui s'appelaient "mandises", comme chez Mc Do où je ne vais pourtant jamais. Et ce dans le but de devenir l'heureuse propriétaire privilégiée d'un édredon framboise bizarrement identique à celui qu'IKEA a sorti cette saison, mais (ouh arnaque!) à 3€ de plus.
Il est donc scientifiquement prouvé que même en dormant, mon esprit reste mercantile, gourmand et interessé, coûte que coûte.

Le soleil est de retour et on peut marcher pied nus dans l'herbe. Petite accalmie. Respire, mijie, et profite, on est le premier septembre.
Voilà ce qu'on gagne à trois nuits couchée trop tard - levée trop tôt. Trois heures de sieste, et du soleil en moins.
Mais Dieu qu'c'est booooon.
Heureusement que j'ai un petit frère qui me sort du lit pour assouvir ses envies créatrices.
Parce que mijie c'est aussi un passé. Peut être qu'il faut que vous sachiez... Si vous ne savez pas déjà. J'ai parlé, reparlé de ce meilleur ami. Dont je n'ai plus de nouvelles. Qui m'a tant fait souffrir. Et ça m'a fait un tel pincement au coeur quand je l'ai vu "en ligne" sur msn aujourd'hui. Alors que je l'étais aussi. Mais même là, pas un mot.
C'est cette expérience qui gère une grande partie de mon rapport aux autres, aux mecs.
Un jour, j'ai écrit ceci:
L'éternelle question...
--> ... meilleur ami: rêve ou réalité?
C'était une déclaration d'amour, en quelques sortes. Un amour inconditionel, une amitié profonde.
D'ailleurs, mon avis a évolué sur la question, au fur et à mesure que ma relation avec mon meilleur ami avançait dans le temps.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Mais j'ai eu l'impression, qu'il s'est servi de moi, alors qu'il avait une charmante copine, pour tester sa capacité à séduire.
Alors peut être que, si je n'arrive pas à trouver quelqu'un qui me convienne, c'est aussi parce que la personne à qui j'accordais le plus de confiance m'a trahie, et que maintenant, je me braque avant de me faire éventuellement avoir.
Peut être que si vous me rencontrez un jour, vous verrez sous ma carapace froide et mon humour facile cette peur de se sentir manipulée après s'être donnée à 150%.
Cette peur, c'est moi, et celui qui saura m'en guérir sera le bon.
Lundi 17 Juillet 2006
Mon Papy Roger est quelqu'un de particulier. Mon Papy est né en 24 si je ne m'abuse. Il est scorpion comme moi. On pourrait dire qu'on a 4 jours d'écart. Il est tout petit, et très intelligent. Il fume des cigarillos négros qui puent.
Une famille nombreuse, et recomposée, et lui, l'aîné. Un beau père qu'il n'aimait pas, au point de lui refuser le droit d'épouser sa mère.
Fauchés ou pas riches, puis la guerre. Alors pas d'études. Il a travaillé, dur. J'ai entendu parler d'une ferme en Normandie, de chevaux. Il a pris des cours du soir, il a bossé dur, il aurait pu devenir ingénieur.
Il est devenu cheminot, le rêve de tous les petits garçons, il conduisait des trains. Il a eu mon Papa, avec ma Mamy Jeanne. Il sait des tas de choses, il bricole, non il invente même. Il a un atelier, c'est la caverne d'Ali Baba du mécanicien. Il sait tout réparer, tout inventer, il sait comment tou fonctionne. Voiture train avion ordinateur télévision machine à laver et aussi des machines dont je ne connais ni le nom ni l'usage. Il m'impressionne tant il sait de choses qui s'enfuiront un jour avec lui.
Mais avant ma Mamy, avant sa seconde femme Mamy Francine qui [fut] est ma Mamy de coeur, il y a eu Paulette.
Paulette, je l'ai rencontrée hier. Elle a eu un cancer du sein dont elle se remet doucement, elle a des cheveux blancs tout lisses, et un joli sourire. Elle ne doit pas aller au soleil à cause de ses médicaments. Elle ne devrait rien faire, mais elle s'ennuie, alors elle a fait des confitures et elle s'est fait gronder.
C'était le grand amour de mon Papy, avant celles qui furent ses femmes.
Mais à cette époque, pas de métier, ni de situation, et la maman de Paulette qui a bloqué tout le courrier, ne laissant à sa fille aucun espoir. Perdus de vue.
Elle s'est mariée Paulette, avec un vieux con (sic Papy), parce qu'elle était enceinte et que le vieux con était là.
Et puis un jour, il y a 4 ans ou quelque chose comme ça, elle a retrouvé mon Papy. Je ne sais pas comment. Elle habite à 1/2 heure de chez lui. Son vieux con est toujours là. Il est gentil le vieux con, il m'a donné des petites briques de jus de fruit.
Et elle, j'aurais aimé que ça soit aussi ma Mamy. La quatrième. Papy a acheté la moitié de son terrain, dessus y a une cabane, et des pêches et des framboises. C'est dans un coin perdu.
Alors mon Papy va la voir, souvent. Je ne sais pas s'ils parlent du temps perdu, de leurs regrets, ou s'ils ont des projets. Ou s'ils parlent juste des pieds des courgettes à planter et des délicieuse framboises à cueillir sous le soleil qui tape. Dans leur regard il y a de la tendresse, même si le vieux con est dans la pièce. Ils n'ont plus rien à perdre, ils ont réglé leurs comptes. Il y a aussi dans ses yeux à elle quelque chose qui rit. Comme si elle disait à la vie qui a voulu la kidnapper il y a quelques mois, que non, elle ne partira pas sans avoir profité de son amour de jeunesse une seconde fois.
Alors moi je me dis, que c'est peut être juste ça, l'amour. Quelque chose qui sait résister au temps et à ceux qui s'y opposent. Quelques chose qui pousse une dame âgée à ne pas se laisser emmener par la maladie. Quelque chose qui fait que les autres, les conventions, même à 80 ans passés, on s'en fout.
[Edit le 2 août 2006: coutain toujours, toujours. Je suis mystérieusement allergique à quelque chose ici, ma chambre sûrement, ou l'air marin, ou la fumée du café. En bref, je tousse, énormément. C'est une horreur, je n'en dors plus. Mais je profite. Plage, fête, DVD entre copains, la vie est belle. Ici, il y a tous mes potes. Et j'ai conduit, hier. Comme une pro.
J'aime les vacances, même quand je suis malade. De toute façon, je suis toujours malade en vacances.]
Ce soir c'est le match des demi - finales France contre Portugal.
Et cette nuit pendant l'orage l'antenne télé a grillé. Y a plus la télé dans tout le quartier.
Mouhahaha.
[Edit: Scrogneugneu. Le réparateur a fini de bosser en heures sup', et à 20h30 la télé était rétablie. Bonc, donc à droit à gauche ça hurle de joie, but, et moi ça me fait marrer dans mon jardin. Je soutiens l'Italie, je mange du Tiramisu.]
Nuisette petit bateau, pull chaud parce que juin, c'est en hiver faut croire, lunettes cheveux tirés et jus de fraise parce que j'avais jamais goûté avant. Un moustique, qui m'a goûtée de partout, la faute au jus de fraise qui me sucre le sang, certainement. Et de l'eau, beacoup d'eau, pour filtrer les mauvais esprits, et faire passer la fatigue. Et toujours ces pensées qui dansent la carmagnole entre mon estomac et mon lobe frontal. Je sais que le mal de crâne, c'est le sommeil, qui manque, parce que insomnies les nuits où je pourrais dormir, et sommeil profond mais trop court les autres nuits.
Il y a des jours, où, c'est le moral, qui flanche, qui n'est pas au rendez - vous. Mais là, c'est juste, pas de concentration. Penser, à d'autres quand sur la scène de Bel - Ebat il y a de la jolie musique. Ou sur. Un poème de Beckett, fermer les yeux et marcher avec lui le long de cette grève.
Et. chercher le texte mais ne pas le trouver.
Alors, je continue à rêver.







