Tout à l'heure, de jolis flocons virevoltaient mais bien vite c'est devenu une petite pluie fine et glaciale qui insidieusement traverse le bonnet, les gants, le gros gilet de laine. Le ciel, gris, lourd, bas et menaçant, ne laisse rien augurer de bon. Je me suis barricadée à la maison, grande maison vide quand les parents partent prendre le café chez les voisins. Le froid se glisse jusqu'à mes doigts, me fait rêver de ma glisser sous la couette avec un bon livre.
Je vole un peu de soleil sur le site d'Iberia et sur Homelidays, notre nouveau projet de voyage de fille est né hier sur une subite envie de Primark ; ça sera Madrid. Un appart, 5 filles, des guides de voyage et pas un mot d'espagnol dans nos cervelles.
Et je pense à lui, lui qui est si loin là où la neige a un peu tenu, lui qui travaille contrairement à moi, comme un forcené, lui qui n'a pas le temps de penser à moi en permanence quand je pense à lui. Et ces derniers jours l'espoir de le revoir me semble de plus en plus ténu, et les obstacles de plus en plus grands, la distance, le prix, ses concours, le temps, ses parents, aussi. On se connaît depuis bien longtemps mais je commence à peine à le découvrir, et n'avoir eu que ces trois jours pour nous deux avant d'être séparés me semble encore pire que si on ne s'était pas vus du tout.
Le silence et le manque m'engourdissent, j'attends quelque chose, mais quoi.
Aujourd'hui est un dimanche dans toute sa splendeur, laid et gris, taciturne et ennuyeux.
Edit 22:05 : Mais au moins, quand je m'ennuie, je me concocte des repas équilibrés rigolos comme chez Mc Do, en vachement meilleur et en vraiment plus beau !





