Et les mains d'une femme - d'une femme- qui l'essuyaient en caressant sa peau, partout ces mains, et cette étoffe tissée de rien. Pas un instant il ne bougea, pas même quand il sentit les mains remonter de ses épaules à son cou, et les doigts - la soie, les doigts - monter jusqu'à ses lèvres, les effleurer, encore une fois, lentement, puis disparaître.
Hervé Joncour sentit encore le voile de soie se soulever et s'éloigner de lui. La dernière sensation, ce fut une main qui ouvrait la sienne et dans sa paume déposait quelque chose. (...)
Ce ne fut rien, ensuite, d'ouvrir la main, et de voir ce billet. Petit. Quelques idéogrammes dessinés l'un en dessous de l'autre. Encre noire.
Alessandro Baricco, Soie
Pas de photo pour un montage, alors fermez les yeux, et voyez, ce cerisier japonais, en fleurs, se découpant en blanc sur le fond noir d'une colline.





