Jour tout gris. [ou "Y'a des jours, ça ne vaut pas des nuits."]

Parfois il y a des jours où l'on regrette de s'être levée. Des jours où de toutes les façons, tout va de travers. Et, même si certaines choses allaient bien, l'état d'esprit du jour fait que tout paraît terne, et gris.
Aujourd'hui par exemple, dès le matin j'ai su que ça n'allait pas aller.
Pourtant, malgré un réveil un peu speed (je ne me suis pas encore offert le Eveil Lumière de Phillips qui diffuse jusqu'à 400 Lux, pourtant, c'est peut être juste de soleil dont j'ai besoin) je ne me suis pas trouvé une si sale tête dans le miroir. Mais après, une fois à la fac, ça a commencé.
A me tourner dans la tête.
Pourquoi je ne bosse pas.
Je vais me prendre des tôles, mais je ne bouge pas le petit doigt.
Et quand je bosse, j'ai l'impression de faire semblant. Ca ne sert à rien, je n'apprends pas, je ne sais pas faire.
Je n'ai pas envie de faire l'effort.
Et surtout pas pour ça. Pour du latin. Pour de la phonétique historique. Pour de la stylistique.
Eventuellement, pour la religion romaine. Matière optionelle, le moins de crédits.
Mais surtout, est - ce que je suis à ma place? Est ce que je n'aurais pas dû faire autre chose, comme quelque chose de manuel?
Pendant qu'ils remplissaient leurs feuilles de termes barbares, en interro d'ancien français, alors que je n'avais rien appris, que je ne savais même pas écrire un mot, je pensais même à tout plaquer. Formation hôtelière. J'aime cuisiner plus que tout. Ou d'autres trucs stupides. Du genre travailler à temps plein comme caissière. Mais pour se réaliser, quand on a la chance de faire des études, c'est bof.
Si j'avais du cran, je plaquerai tout. Je partirais, travailler, voyager.
Mais vivre avec 2$ en poche, je sais pas faire, et puis j'ai pas le cran. Même si, j'ai toujours su, que les études et moi ça a toujours été du bricolage. Mais que notre couple ne tenait que pour sauver les apparences. Je suis tellement paresseuse, et le pire, c'est que les autres me croient courageuse. Mais je crois que je suis arrivée au dernier palier. Que maintenant mon cerveau a besoin d'aide pour faire le boulot, que je ne peux plus avancer sans me mettre à apprendre.
Heureusement qu'il y a Mathi, là, à côté, avec qui je peux parler, puis qui me dit jamais si je m'ennuie, puis elle et moi on se comprend. Et quand elle me dit qu'elle m'aime, elle, je sais juste répondre que oui c'est ça qui compte, sans même dire que moi aussi, parce que je ne sais pas faire. Mais heureusement que t'es là, parce que sinon, je sais pas trop si je me lèverai le matin en ce moment, on a eu de la chance sur ce coup là.
Alors voilà, je me retrouve, assise dans le métro, au milieu de ces gens qui courent tous vers quelque chose, à me dire qu'on va continuer, faire un effort, faire comme si.
Jusqu'au jour où.
C'est ce qui me fait tenir.
Me dire que. Un jour. J'aurai des enfants que j'aimerai. J'aurai même aussi un mari, encore que pour garder ceux que j'aime, jusqu'ici je n'aie pas été très douée. Et que je n'aurai peut être plus de choses stupides à apprendre par coeur, mais entre les mains un beau livre que j'aurai presque fabriqué. Ou un magasin avec mon nom marqué dessus. Ou simplement des enfants à chercher à l'école.
Et surtout, quand je rentre de la fac, ne pas regarder le panneau "cours de théâtre - spectacle". Je n'aurai jamais la force. Je suis lâche aussi, moi qui le reproche tant aux autres. Mais ça, c'est si beau que c'est trop lourd pour moi. Je ne peux pas. Plus.
Pourtant, peut être que ça, ça ne m'aurait pas amenée à me demander si un jour je ne me suis pas plantée pour faire plaisir aux gens.

Et puis y a les coïncidences, la prof dans le couloir qu'on entend parler des ses élèves qui ne savent pas bosser, qui ne pensent qu'à leurs jeans et leurs portables, la série qui me déclame en allumant la télé "tu connais ces jours où tout semble aller de travers" et Mélis qui me dit ces mots "Je me dis : Y'a des jours, ça ne vaut pas des nuits."
L'avantage c'est que pour ça, on est jamais seuls.

Pondu par Mijie at 09:52 PM dans Obsessions
Blablatages

Un questionnement universel, hélas... ou heureusement, comme tu dis ;)

(Re)Pondu par farf | novembre 14, 2006 11:27 AM

Comme je comprends cette impression de comment-ils-font-pour-s'intéresser-à-tout-ça-c'est-pas-possible-ils-font-semblant-! Cette impression de jouer un rôle, d'être là parce qu'il faut bien s'occuper, mais si c'était autre chose ce serait pareil...

(Re)Pondu par Atae | novembre 17, 2006 04:10 PM

Atae: voilà, c'est pareil, c'est ce que je me répète à chaque fois que je suis en cours.

(Re)Pondu par mijie. | novembre 18, 2006 09:01 AM